La veille de la course : je travaillais jusqu'à 13h (ben oui, à 50h/sem ça fait pas beaucoup de congés), j'ai donc fais un petit clm en voiture pour rallier le parc avant sa fermeture. J'arrive 15 minutes trop tard, mais les arbitres super sympa m'autorisent quand même à déposer mon bike. Ensuite direction le camping avec Julien V. et nous passons une agréable soirée à imaginer et préparer diverse stratégies alimentaires, vestimentaires... après le rasage des gambettes et une ultime séance de capillaristation sur le compex je praviens à trouver le sommeil assez facilement.
Départ à 6h du mat, donc lever à 4h05.
57' de nat : excellent départ, pas reçu le moindre coup, mais grosse galère au bout de 2000m faute de bras pour avancer. Je lâche les pieds, et me fait peu à peu rattraper par plusieurs paquets. Sur la fin, une contracture au bras droit m'oblige même à ne nager qu'avec le bras gauche.... enfin bon, pas de panique, ce n'est que l'échauffement.
1h06 de vélo : départ très prudent, je pioche un peu dans l'izoard à cause d'un trop gros braquet (39-25) et à la chaleur qui est déjà étouffante. Et oui, les 4 kg de plus que l'été passé se font ressentir dès que la pente s'accentue. Je me refait une santé dans la descente jusqu'à Briançon. Les 2 autres difficultés qui sont le palond et le chalvet passe nickel, sans forcé. Bref, j'arrive sans encombre à l'issue de ce parcours magnifique qui somme toute est passé assez vite.
4h22 de CàP (soit 2h30 de Càp, 1h30 de Màp, et 22 minutes de sautillement/boitillement) : je pose le vélo avec des jambes en parfait état. Je prend un petit rythme pépère, et commence mon marathon. Dans ma tête je fixe un objectif au 1er 10km, m'autorisant ensuite de marcher un peu.... mais quand j'arrive au 10km, les sensations n'en sont que meilleurs, et je continue donc vers le 20e km. La chaleur est accablante. Je bois le plus possible malgré le réticences de mon estomac. Je m'asperge aussi tout les 3-4 km grâce aux "épongeages" et aux spectateurs qui distribuent de l'eau aux concurrents. C'est d'ailleur là que je commet une erreur. En effet, mon maillot est vite trempé, ce qui a pour effet de refroidir encore davantage mon estomac lequel devient complètement glacé. J'ai le reflexe de le remonter pour laisser mon ventre se réchauffer au soleil. Du coup, je ne m'aliment pas ni ne boît pendant environ 5km, le temps que l'estomac se refasse une petite santé. Au km 25 je décide par prudence de monter la longue côte en marchant. Si je cours le second 21km en moins d'1h50 je finirai la course sous les 12h!!! Je me réjouis déjà de cette perspective. Tout va très bien jusqu'au 30e, rien ne laisse présager la suite. Et tout d'un coup des crampes me prennent au jambier antérieur gauche (très solicité des les ascensions sur le vélo), dans les aducteurs et un peu dans les mollets. Je décide de profiter d'une petite portion ombragée longeant une rivière pour marcher un peu et me refaire une santé. Rien à faire, les crampes persiste... j'essaie les différents gels énergisants (coup de fouet ginseng, caféine....)mais en vain. Dès que je repars à la course la douleur devient insupportable. J'ai également très mal à l'insertion des pectoraux. Je tente de rester calme, de me concentrer sur la respiration. Je sais maintenant que je finirai en plus de 12h, je me raccroche donc au 12h30. Au km 37 je parviens à alterner marche et course entre 2 crampes. Finalement je retrouve un bon rythme du km 38 au km 41. Les 12h30 sont jouables, mais ça va être chaud. Et voilà qu'une dernière côte m'arrête net. Encore une crampe au jambier antérieur! Merde, mais ça ne finira donc jamais!!! Il ne me reste pourtant qu'1km!!! C'est donc un boitillant que je traverse la foule de spectateurs amassée à l'arrivé et que je passe la ligne dépité en 12h36, à une vitesse approximative de 9km/h.... La photo finish est d'ailleurs assez comique.=, on voit que je suis un peu déçu. Pourtant, j'avais fixé comme objective de faire entre 12h30 et 12h45. Et puis embrunman à 22 ans, c'est quand même pas si mal.
Ensuite c'est direction la tente médical pour un examen. Etonnamment, la glycémie est impeccable... Comme quoi la journée de jeune suivie de 3 journées sans glucides (dont un fringale en vélo) se sont avérées payantes. Par contre je suis très déshydraté, et comme la plupart des autres concurrents je me retrouve sous perf (eau+sodium). 20minutes après et 1 demi litre de volume sanguin plus tard, je me sens revivre... si ce n'est les raideurs que j'ai dans les jambes... du coup, je me dirige vers la tente des kiné qui est seulement à quelques mètres de là pour un massage. Après avoir récupéré mon vélo et mes affaires, m'être perdu dans la campagne (la course après la course), j'arrive enfin au mobile home de Julien V, finisher également et que je remercie car sans lui je ne me serait jamais inscrit. Je croise au passage quelques coureurs pied terminant leur marathon (il est 23h). Affamés nous optons pour la solution pizza! Vers minuit et quelques, nous voilà en train d'engloutir de gigantesques parts de pizza, lorsque que nous entendons le speacker annonçant l'arrivée du dernier concurrent....
Couché à 12h30, je ne m'endors ne m'endors que vers 1h du matin. Vers 2h30 Julien se lève pour chercher de l'eau (où plutôt il essaie mes ses jambes veulent pas). Je me lève à mon tour pour lui donner un coup de main, et voilà que c'est au tour de mon estomac de se réveiller. Heureusement, il reste de la pizza. Vers 3h nous nous recouchons donc. Pour moi, le réveil est à 5h car j'embauche à 9h30... et c'est reparti pour un clm en voiture et une nouvelle journée de travail.
4 jour après : j'ai nagé 50' ce matin. Je suis encore fatigué, mais je n'ai plus aucune douleurs musculaire. J'irai rouler un peu ce soir, la motivation est là. Maintenant c'est objectif le championnat du québec élite à Montréal le 1 septembre.